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Chap. 6

Une nouvelle ère

2011/17...

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L’INSA Lyon entre dans une nouvelle ère et doit trouver son prochain pilote pour les 5 années à venir. L’année 2010 se clôture et les fonctions de directeur seront bientôt vacantes. Qui pour succéder à Alain Storck, après 10 années de communication glorieuses qui auront coûté la santé financière de l’établissement ? C’est lors d’un déplacement en avion que je découvre dans le journal Le Monde, l’appel à candidature au poste de Directeur de l’INSA Lyon se souvient Eric Maurincomme. Je venais de cumuler près de 17 années d’expérience professionnelle dans le privé et je cherchais un autre défi. J’ai saisi l’opportunité ! 

Destinée - INSA 5717
                        Eric Maurincomme ©INSALyon

Ce spécialiste en imagerie médicale, responsable en recherche et développement dans l’industrie de la santé, connait bien l’établissement pour en être lui-même sorti en 1988, diplômé du département Génie Electrique option Télécommunications. Il enchaînera par un Master of Science in Electrical Engineering à l’Université de Californie, avant de poursuivre son lien avec l’INSA Lyon par un doctorat, dans la spécialité Génie Biologique et Médical. 20 ans plus tard, après avoir vécu et travaillé dans 6 pays sur 3 continents, Eric Maurincomme va donc de nouveau poser ses valises sur le campus de l’INSA Lyon, lui qui rêvait d’en être le directeur lorsqu’il était étudiant. Il découvre un institut brillant, jouissant d’une belle réputation, mais dans un état de fragilité financière avancée. 

Il a fallu immédiatement adopter une gestion rigoureuse pour revenir à l’équilibre budgétaire indique Eric Maurincomme. Plusieurs mesures ont été prises pour restaurer un fonds de roulement qui était dans le négatif. Ma première partie de mandat a été consacrée à cela : assainir les finances de l’école pour nous permettre d’envisager son avenir sereinement ajoute le nouveau directeur.

Jean-Marc Dolais se souvient lui aussi de cette période, lui qui a pris son poste de Directeur des Affaires Financières (DAF) trois mois après l’arrivée d'Eric Maurincomme. On naviguait à vue, avec peu de documents à disposition. On avait notre autonomie financière mais sous surveillance du rectorat. Je me souviens de ce jour où, dans le bureau d’Eric et en présence de l’agent comptable, nous découvrons qu’il manquait dans le budget dépenses 2011 un trimestre de loyers des résidences que l’on devait aux bailleurs sociaux à qui appartiennent ces résidences. On était défait… 

Après avoir remis la main sur des rapports de gestion, Jean-Marc Dolais lance une chasse aux recettes, en sachant pertinemment quel mauvais rôle il allait devoir endosser. J’ai accepté de jouer ce mauvais rôle. La potion était amère à boire pour tout le monde et je ne pense pas qu’Eric avait conscience de l’état des finances quand il est arrivé. Nous avons préparé le budget 2012 en baissant les crédits de fonctionnement de 20%, et en divisant l’investissement par 3 explique le DAF de l’époque.

L’équipe de direction parvient à redresser les comptes. Déjà sur la plus haute marche du podium avec le titre de meilleure école d’ingénieurs post-bac en France (classement l’Express-l’Etudiant), l’INSA Lyon est un navire remarquable et remarqué. Eric Maurincomme souhaite conserver les fondamentaux et voit en cet institut un formidable potentiel d’évolution. Je suis arrivé avec le souhait de développer l’attractivité européenne et internationale sur les volets formation et recherche, et renforcer nos liens avec les milieux industriels et économiques. Mais avant tout, je veux préserver l’excellence de ce modèle de formation, unique en son genre, créé en 1957 pour former des ingénieurs dotés d’excellentes compétences scientifiques mais surtout conscients de leur impact sur le monde qui les entoure : des ingénieurs citoyens précise Eric Maurincomme.

Diversité, parité, humanisme sont au coeur de son propos. Les chiffres en témoignent, l’INSA Lyon compte 30% d’élèves boursiers, 30% d’élèves internationaux et 33% de filles. L’ambition est affichée : atteindre la parité parmi les élèves-ingénieurs de l’INSA Lyon, une école dont l’attractivité ne cesse de grandir auprès des jeunes bacheliers : environ 15 000 lycéens candidatent en 2014 au Groupe INSA pour 2000 places.
Les technologies évoluent vite et les modes d’enseignement aussi. L’INSA Lyon sait se remettre en cause en matière de pédagogie. Elle permettra d’abord la création d’une lanière d'innovation pédagogique au Premier Cycle avant d’entamer une réforme de l’enseignement. Seront élaborés des parcours pluridisciplinaires d’initiation à l’ingénierie, permettant aux élèves de deuxième année de découvrir des domaines de spécialité avant de faire leur choix de département. 
Le règlement des études fera d’ailleurs l’objet d’un recadrage autour des compétences attendues chez un futur ingénieur INSA Lyon, qui devra obligatoirement préparer une mobilité à l'étranger au cours de sa formation. Le candidat à l’INSA Lyon pourra aussi choisir la voie de l’apprentissage selon son domaine de spécialité puisque 3 filières en alternance verront le jour après la première, créée en 2009 à Oyonnax avec Génie Mécanique Procédés Plasturgie.

Le monde évolue vite et nos formations doivent être adaptées au nouveau profil des élèves que nous recrutons. L’ingénieur de demain doit savoir travailler dans un contexte international, doit comprendre son interlocuteur et dans la mesure du possible, parler sa langue, saisir sa culture, anticiper son mode de pensée. L’INSA Lyon a ce formidable atout d’être à la croisée des continents, et de plonger ses étudiants dès leur arrivée dans un grand bain multiculturel. C’est notamment pour préserver cet atout et continuer à le développer que notre Centre Diversité Réussite a pris la forme d’un institut, l’Institut Gaston Berger. C’est parce que nous sommes tournés vers l’avenir que nous réfléchissons dès aujourd’hui à ce que devra être l’ingénieur de demain souligne Eric Maurincomme.

Une réflexion à laquelle participe le monde des entreprises, premier bénéficiaire d’un profil d’ingénieur adapté à ses besoins. 15 entreprises mécènes ont renouvelé leur confiance en la Fondation INSA Lyon pour un second mandat, sans durée déterminée cette fois. Leur engagement s’est précisé, de nouvelles chaires d’enseignement et de recherche ont été lancées, des accords se sont solidifiés. Les chemins de la formation et de la recherche se rejoignent.

L'INSA Lyon est en effet un grand centre de recherche avec ses 23 laboratoires, dont deux Unités Mixtes Internationales (LN2 à Sherbrooke, Canada et ELyTMax à Tohoku, Japon) et compte dans le paysage européen de la recherche comme un lieu qui associe recherche au plus haut niveau d'excellence et proximité avec l'Industrie. Et pour mieux contribuer à un développement durable et responsable que nous souhaitons, et faire face aux grands défis de la société, nous avons mené une réflexion par enjeux sociétaux. Ils sont 5 aujourd’hui à structurer la recherche à l’INSA Lyon : Information et société numérique, Environnement : milieux naturels, industriels & urbains, Energie pour le développement durable, Transport : structures, infrastructures & mobilités, et Santé globale & bioingénierie souligne Jean-François Gérard, Directeur de la Recherche nommé en 2011, à l’origine de cette importante mise en place.

Les chercheurs des différents laboratoires de l’INSA Lyon se rencontrent, les travaux se croisent ou se complètent et grâce à cette interaction, certaines recherches nouvelles émergent. Des chaires industrielles pluridisciplinaires sont lancées avec de grandes entreprises, comme Michelin, Volvo ou encore Safran, et outre leur intérêt pour la recherche, elles contribuent à la formation des élèves ingénieurs.

Dans ce contexte, un outil va prendre toute son ampleur : INSAVALOR. Au fil des années, en étant à l’écoute des chercheurs, INSAVALOR a développé tout un panel de services, en soutien à la fois de ses enseignants-chercheurs et aussi du développement des relations de l’INSA Lyon avec le monde socio-économique. Si en 1988, cette filiale de valorisation et transfert de technologie faisait figure d’ovni dans l’enseignement supérieur, elle est devenue le modèle à copier ! annonce Nicolas Penet, Directeur d’INSAVALOR. 

Adapté au contexte de son époque, où la recherche ne se lance que sur des appels à projets dans le cadre de compétitions nationales et internationales, INSAVALOR permet aux chercheurs d’être plus réactifs en les accompagnant, voir en les déchargeant de tous les aspects administratifs et financiers. Et pour les industriels, INSAVALOR est une porte d’entrée réactive vers la recherche, parce qu’elle maîtrise les tenants et les aboutissants de l’expertise développée à l’INSA Lyon précise Nicolas Penet. Et ce même jusqu’au soutien de leur projet de création d’entreprise, puisqu’en 2012 sera créé le fonds d’investissement Pertinence Invest dédié à l’émergence de start-up spécialisées dans la valorisation de la recherche technologique. 

L’attrait de l’INSA Lyon ne cesse de grandir et de nouveaux talents en sortent diplômés chaque année. Ingénieur différent, c’est le slogan que porte aujourd’hui l’établissement, dans la lignée de l’esprit semé par Gaston Berger et Jean Capelle il y a maintenant 60 ans. Différent mais comment ? Par ce modèle de formation que nous chérissons et que nous voulons voir évoluer sans en perdre les fondamentaux. Les valeurs de l’INSA doivent rester intactes et s’ouvrir à d’autres disciplines dans un monde où la globalisation change les gens, le devenir des métiers, et la formation elle-même. Architecture, design, management sont des champs disciplinaires auxquels le modèle INSA peut s’étendre, pour associer à l’ingénierie de nouvelles compétences esquisse Eric Maurincomme, reconduit dans ses fonctions de Directeur de l’INSA Lyon en juillet 2016, et fortement inspiré par les universités de technologies de rang mondial, telles que le MIT, Institut de Technologie du Massachusetts, l’Université de Technologie de Delft aux Pays-Bas ou encore le Politecnico de Turin en Italie, ou l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Et ce n’est pas fini. L’INSA a un grand avenir devant lui et nous sommes bien déterminés, nous, insaliens de 2017, a tout mettre en oeuvre pour le réaliser. Comment imaginez-vous notre formidable maison INSA dans 60 ans ? La question vous prend sûrement un peu de court mais peut-être que vous pourrez en croquer l’esquisse après avoir vécu avec nous l’année 5717. Parce que pour imaginer demain, il faut avoir compris hier. Et c’est ce que l’on vous propose de faire avec notre concept anniversaire, le 5717, à qui nous avons dédié tout un univers. Eric Maurincomme, à l’occasion de la soirée de lancement du 5717, le 8 décembre 2016.

 

Pour aller plus loin

Création de la carte VA au BdE

Destinée - INSA 5717
     L'équipe du Bureau des Élèves en 2012 ©INSALyon

« En mai 2012, le nouveau Président de la République, François Hollande, est élu. Dans ses promesses électorales, il avait évoqué la mise à niveau des frais de scolarité en regard du barème imposé par le Ministère. En parallèle, mon équipe est élue à la présidence du Bureau des Elèves de l’INSA Lyon. Le Ministère a très rapidement demandé à tous les recteurs d’académie de supprimer tous les frais de scolarité supplémentaires considérés comme injustes par l’UNEF (syndicat étudiant). À l’INSA, ils représentaient environ 200 euros, dédiés au bon fonctionnement de l’infirmerie par exemple et surtout au bon fonctionnement de la vie associative. L’INSA Lyon a perdu environ 1,6 millions d’euros dans l’opération, et le BdE, 150 000 euros. J’ai appris la nouvelle par Bastien Penard (président du BdE) durant mes vacances d’été. J’ai alors quitté mon job d’été plus tôt, pour venir sur place, car il fallait comprendre les impacts de ce changement et réfléchir à un plan de transition, c’était extrêmement délicat étant nouvellement élu. Nous avons alors planché sur un nouveau business model, aidés par des anciens, avec le souci de savoir combien nous allions récupérer mais surtout comment nous allions trouver une solution pérenne pour les mandats suivants. Après réflexion nous avons trouvé le modèle de la carte VA (Vie Associative), qui permettrait ainsi à chaque étudiant qui le souhaite d’adhérer à la vie associative du campus et de bénéficier de tarifs préférentiels toute l’année. Le challenge était de toucher le plus de monde possible pour atteindre le seuil nécessaire afin que le modèle puisse fonctionner. L’ensemble du milieu associatif a été impliqué dans le changement car il s’agissait de garder cette diversité associative unique en France pour une école d’ingénieur. Au final, nous avons pu récupérer 121 000 euros sur les 150 000 qui nous auraient manqué, et nous avons procédé à des coupes budgétaires pour pallier le manque résiduel. Aujourd’hui, la carte VA est toujours en place, et le BdE de l’INSA Lyon reste l’un des plus actifs de France. Une belle première expérience en tant que responsable associatif. »
Clément Baudy, ingénieur GMC INSA Lyon 2014.

2014 : une nouvelle identité visuelle pour l'INSA

Rendu officiel en septembre 2014, le logo de l’INSA Lyon se refait une beauté après plus de 20 ans de bons et loyaux services. L’ancien logo bleu et aux formes arrondies laisse place à un tout autre logo… Couleur rouge et formes droites, une simplification géométrique pour plus de force et de modernité. Pourquoi ce changement ?

« À vrai dire, ce n’est pas vraiment une nouveauté. Nous évoluons naturellement vers une identité commune autour de la marque ombrelle du groupe INSA. Elle nous permet de promouvoir les valeurs du groupe et des écoles, via une communication unifiée et porteuse de sens. En septembre 2014, tous les INSA ont changé de logo, selon le même calendrier, pour encore plus de visibilité et d’impact. Parce que nous sommes résolument tournés vers l'avenir et que nous souhaitons que notre modèle, notre vision de l'ingénieur de demain, ne cesse de s'affirmer sur notre territoire mais aussi au-delà de nos frontières. » 
Eric Maurincomme

 

Création du 1er INSA international


Février 2015 : la Commission Nationale de Coordination de l'Enseignement Supérieur du Maroc vient de donner son accréditation pour les 3 filières d’ingénieurs de l’INSA Euro-Méditerranée et de son premier cycle intégré : Génie Mécanique et Energétique, Génie électrique et Système d’Information et de Communication.

En clair, l’Etat Marocain, via son Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de la Formation des cadres, Monsieur Lahcen Daoudi, reconnaît le diplôme d’ingénieur qui sera délivré par l’INSA Euro-Méditerranée, premier institut international du Groupe INSA. Prochaine étape : la reconnaissance côté français par la CTI, Commission des Titres d’Ingénieur, qui conduira son audit durant l’été. Un tournant décisif pour le Groupe INSA qui travaille depuis de nombreuses années à développer son modèle à l’international. Et c’est au cœur de l’Université Euro-Méditerranée de Fès (UEMF) que l’INSA Euro-Méditerranée est en train de voir le jour.

« Le modèle INSA prend une dimension supplémentaire en s’implantant au Maroc parce que nous tenons compte de sa position géographique et du croisement de deux cultures. « L’Euro-Méditerranéité » fera partie de l’enseignement des Humanités cher à la formation insalienne et dispensé à tous les élèves ingénieurs qui suivront, à l’image de leurs camarades en France, une formation sur cinq ans » précise Eric Maurincomme, président du Groupe INSA.

Le choix du Maroc pour l’établissement du premier INSA hors de France est symbolique. D’abord parce que les liens tissés entre les INSA et le Maroc sont forts et anciens. Chaque année, les étudiants marocains constituent la première ou la seconde nationalité étrangère la plus représentée dans les INSA. Ensuite, parce que plusieurs centaines de diplômés INSA, ingénieurs ou docteurs, sont aujourd’hui très actifs dans l’économie marocaine.

Le projet de la création de l’INSA Euro-Méditerrannée à Fès est soutenu depuis son origine au plus haut niveau politique, notamment par les ministres de l’Enseignement Supérieur français et marocain. Fruit d’une réflexion croisée permanente entre les deux pays, ce projet a été ensuite élargi à d’autres pays du pourtour méditerranéen. La naissance de cet INSA s’appuie ainsi sur un consortium impliquant plusieurs universités du Maroc, d’Espagne, du Portugal ou d’Italie.

Création de l'Institut Gaston Berger